Partant à la découverte d’un pays qu’elle a tant connu de par  sa famille sans pour autant jamais vraiment plonger dans son  histoire et sa culture.

Souhaitant  explorer  le  Viêtnam  de  ses  parents  et  grands-  parents, dans un contexte de guerre qui les a fait fuir ». Ashley VU s’est approchée de VNED en proposant son aide sur  le terrain.   Ashley Vu

Un week-end de février, les 15 et 16 février 2020, Ashley, une  jeune française d’origine vietnamienne s’est jointe à l’équipe de VNED du nord Vietnam pour la  distribution des parrainages et bourses dans les provinces de Nam Dinh et Thai Binh. 

Voici le récit de ces deux journées, peint avec son ressenti sincère à la découverte des actions menées  par VNED au plus proche des familles bénéficiaires.

Je n'oublierai pas ces deux journées où j'ai accompagné l'association VNED, Viêt  Nam les Enfants de la Dioxine, à la rencontre de 10 familles bâillonnées par la  violence de leur destin.

Deux journées où la beauté du collectif faisait sens.  Et ce matin, insuffler l'espoir est dans mon esprit. photo1

La  dioxine,  ou l'Agent  Orange,  est  le premier poison de  Monsanto. Durant la guerre du Vietnam, l'armée américaine largue les avions au-dessus du pays et y répand ses pluies toxiques : la dioxine est ce puissant défoliant qui dévastera les  terres du Vietnam et empoisonnera ses habitants, des aïeux jusqu'aux générations  à venir.

Car la réalité de la contamination aujourd'hui, c'est son hérédité. Les  malformations  et  les  cancers  se  transmettent,  aggravant  les  souffrances  et  torturant l'anatomie. Elle perpétuera sans fin ces victimes qui arrivent à la vie, marquées par les effets irréversibles de l'Agent Orange. Comme si les règles du jeu  étaient déjà établies. La réalité de la contamination, c'est le fardeau qui pèse sur  les épaules de ces familles 50 ans après la fin de la guerre. Chaque corps porte en  sa chair les stigmates de ce produit chimique capable de détruire passé, présent et  futur. Le dévaste physique est au reflet du dévaste psychologique, parce que la  pauvreté et l'exclusion ravagent. Le drame doit-il être éternel ? 

Mais ce matin, le combat est sphoto2ans haine, le renouveau est désiré, sans esprit de  revanche. Je n'oublierai pas ces deux journées, à la rencontre de ces familles qui  malgré tout, restent portées vers l'avenir.

Nous sommes à Hanoï, en route vers les provinces de Nam Dinh et de Thai Binh.  « Nous », désigne  cette  belle  collaboration  entre les  bénévoles  français  et  les  bénévoles vietnamiens - qui sont au plus proche des habitants. Durant deux jours,  nous  partirons  distribuer  les  bourses  d'études  et  parrainages  aux  familles  défavorisées.  Chaque  famille  vietnamienne  est  accompagnée  par  une  famille  donatrice française, apportant un soutien moral et financier au quotidien des  familles  et  à  la  scolarité  des  enfants. 

photo3Et  l'élan  de  générosité  est  émouvant !  Comme si chacun avait le sentiment qu'il ne fallait pas oublier, et que la vie  pouvait se renouveler.   

Alors nous entrons chez eux, et maison après maison, c'est une nouvelle leçon de  vie. Nous  écoutons les  récits, nous  admirons  leur  force, nous  échangeons les  bourses,  les  lettres,  photos  et  cadeaux  des  parrains.  La  pudeur  est  digne,  touchante  de  sincérité,  tant  leurs  yeux  brillent  de  reconnaissance  et  de  détermination.  Selon moi, VNED n'apporte pas qu'un pansement temporaire sur le sort de ces  familles,  leurs  actions  sont  essentielles,  providentielles.  C'est  le  refus  de  l'indifférence, c'est redonner à ces familles une nouvelle voix.photo4  

Ici, cette grand-mère de 70 ans prend courageusement en charge sa fille et son  petit-fils, qui reçoit aujourd'hui sa bourse d'études.

La mère est victime de la  dioxine, on l'aperçoit dormir sur le lit, celui sur lequel tous les 3 dorment, dans cet  habitat de 10m2.

La force du Vietnam réside incontestablement dans sa famille, et  dans sa solidarité infinie.

Plus loin, ce sont l'oncle et la grand-mère qui s'occupent  de ces deux filles abandonnées par leurs parents.

Ils sont plus décidés que jamais  à sortir de la précarité, les diplômes d'études des filles arborent fièrement les  murs. Le handicap est lourd, mais les visages sourient, l'humanité prend au cœur. 

photo5Parfois, c'est le cœur meurtri que l'on voit ces enfants ne pas perdre de leur  vitalité, même ensevelis par ces conditions.

Mais l'amour de la famille est là, pour  que  l'innocence  ne  s'envole  pas.  Et  bientôt,  ils  réussiront  leurs  études,  apprendront un métier.

Ces enfants de la dioxine représentent l'espoir d'un futur  meilleur.

Et dorénavant, les cartes du jeu seront un tant soit peu redistribuées.

 

 

 

février 2020 ,

Ashley Vu

 

 

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