Newsweek a publié le 2 Décembre 2013 un article de Jeff Stein sur les dommages sans fin de la guerre du Vietnam, sur l'état de l'assainissement des terrains pollués par des munitions non explosées et par l'Agent Orange, et sur ces vétérans américains qui reviennent au Vietnam pour réparer les dégats que leur pays a causé.
Lien vers l'article de Newsweek

Il n'est pas facile de trouver une dinde à Hanoi, mais une poignée d'américains et leurs amis vietnamiens se réunissent jeudi dernier (28 Novembre) autour d'une volaille importée et cuisinée pour eux dans un restaurant chic de la capitale, situé dans le vieux quartiers, et ils y fêtent la Thanksgiving.
L'un d' eux était Chuck Searcy, analyste dans les renseignements de l'armée US à Saigon il y a 45 ans. L'autre, Manus Campbell, survivant des batailles les plus sanglantes de Quang Tri, il effectuait son service militaire dans la Marine. Tous les deux ont presque 70 ans.
Alors que de centaines d'anciens combattants (US) de la guerre du Vietnam reviennent effectuer de brèves visites teintées de mélancolie, à leurs anciens champs de bataille, afin de guérir leurs blessures psychologiques, Searcy et Campbell sont à part: eux et une poignée d'ancien soldats US s'installent au Vietnam d'une manière plus ou moins permanente pour aider à assainir les dangereux résidus laissés par les bombes américaines et l'Agent Orange, ce défoliant largement utilisé et qui est lié aux malformations congénitales et cancers.
"On demande à chacun autour de la table de dire pourquoi ils vivent ici," Searcy disait au téléphone, la nuit de la Thanksgiving, assis au Club de la Presse à Hanoi, dans un batiment de style colonial français, club qui était ouvert en 1997 dans le vieux quartier. "Et ils ont tous répondu: qu'en général c'est à cause des gens et de l'unique expérience d'être amis avec d'autres survivants de cette guerre dévastatrice".
La guerre de 20 ans, entre Hanoi et le gouvernement de Saigon soutenu par les américains, a atteint son sommet en 1968 avec un demi million de soldats US au Sud Vietnam, elle a causé jusqu'à 1,5 millions de victimes vietnamiennes, plus un nombre inconnu de gens touchés par les attaques aériennes américaines, et parmis eux ceux touchés dans les rues près de l'endroit où ils ont diné la semaine dernière.
Des années après, les mines et les bombes enfouies dans les champs de batailles du sud, "ont tué ou mutilé plus de 100.000 vietnamiens depuis la fin de la guerre" en 1975, disait Searcy. Et l'Agent Orange continue encore à faire des dégats, à ce jour, sur la quatrième génération de vietnamien.
Au mois de Septembre Searcy, Campbell, et d'autres vétérans ont été à Washington, D.C., pour faire du lobbying, demandant l'augmentation de l'aide humanitaire au Vietnam. Mais ils reviennent les mains vides. "Ce que nous dépensons en Afghanistan en une semaine peut suffir à assainir le Vietnam pour les 50 prochaines années," disait Searcy, dénonçant les sommes affectées au compte goûte pour nettoyer les résidus mortels laissés par des dizaines d'années de combats dans le pays.
Searcy avec sa bonne mise et son aspect très professionnel peut passer pour un dirigeant de Coca Cola cherchant à faire des affaires au Vietnam. En fait, en tant que représentant à Hanoi de deux fondations humanitaires - Project RENEW et l'Institut Humpty Dumpty basé à New York - il aide les recrutés vietnamiens, les forme et les déploie en équipe pour désamorcer les anciennes munitions non explosées et soigner les blessés.
Campbell, qui luttent depuis des décennies contre son stress post-traumatique, après son retour du service militaire à New Jersey en 1967-1968, admet sans détour qu'il est venu en visite au Vietnam en 2007 sans remords et sans se sentir coupable. "Le fait que 40 ans après, des enfants, des femiers, des gens qui vivent leur vie au quotidien, pourraient être tués par des bombes utilisés pendant la guerre … me choque", dit il.
Il se senatit honteux. Il avait besoin de pardon, et à sa grande surprise - et il en est reconnaissant - les vietnamiens le lui a donné. En 2012, après avoir visité un orphelinage et passé quelque temps dans une pagode à Huê, ville vieille de 700 ans et qui a été témoins d'un certain nombre d'âpres combats pendant la guerre, il créait l'organisation caritative "Helping the Invisible Victims of War" avec son propre argent.
"Je venais ici pour aider tout d'abord les enfants handicapés et les orphelins" disait il. Mais ensuite il prit la décision de rester, "pour aider les familles qui sont victimes des récentes explosions de [munitions non explosées]". Il choisit Hoi An, une ville commerçante située sur la côte du centre Vietnam, où bombes et mines abandonnées sont encore enfouies sous les herbes et les plantes de riz. En plus il aide une clinique pour les malades de l'Agent Orange dans la ville portuaire de Da Nang.
C'est un homme mélancolique, avec une élocution lente, Campbell vit dans une maison modeste en ciment. Une femme vietnamienne fait le ménage et le marché pour lui. Sa journée commence avec un bol de phở, cette soupe aux nouilles et minces tranches de bœuf, dont raffolent les vietnamiens, puis une séance de "lecture et étude", l'après midi c'est la visite à ses projets.
De Hôi An, il écrit dans son email: "J'aime visiter les enfants dans les orphlinats et les écoles". Il tient au courant ses amis des Etats Unis par téléléphone et par émails. La vie est simple. Certaines nuits il reçoit des amis pour regarder un DVD. Il connaît tous les café bars de Hôi An. Mais la tragédie n'est jamais loin.
Campbell disait:"En vivant ici, je suis témoin de ces accidents, et celà me choque encore. C'est pourquoi j'ai décidé d'aider quelques familles dont les maris ou les pères sont blessés ou tués par les bombes. Le choc de perdre un père ou un mari est une chose, mais comment la famille se nourit elle après l'accident? Je donne de l'argent pour qu'ils puissent avoir de la nouriture pendant quelques mois. "
Searcy, qui travaillait pour le "Small Business Administration" (administration des qui s'occupe des petites entreprises) sous la présidence de Jimmy Carter et pendant un moment occupait le poste de directeur de l'association "Georgia Trial Lawyers", s'installait au Vietnam depuis 1994.
Pendant qu'on fête la Thanksgiving aux Etats Unis, quelques 800 représentants des organisations humanitaires et des officiels vietnamiens se réunissent à Hanoi pour parler de la crise sans fin des domages causés par la guerre. La conclusion ne surprend personne: Alors que l'économie du Vietnam exporte sans relache, le pays continue à être un des plus pauvres du monde et se bat pour trouver des fonds pour retirer les munitions abandonnées par la guerre et pour financer des projets médicaux.
Au moins 11 millions de gallons (1 gallon=3,785 litres) de défoliant cancérigène était pulvérisés au Vietnam pendant plus d'un décade, et affecte maintenant la troisième génération d'enfants nés depuis la guerre.
Hanoi et les vétérans américains qui travaillent au Vietnam, pensent que Washington doit payer une grande partie du travail de remise en état, mais les officiels US disaient qu'ils se méfiaient de la corruption dans l'administration vietnamienne, qui risque de siphonner l'argent de l'aide. L'emprisonnement des dissidents et des journalistes indépendants à Hanoi n'aide pas non plus. Searcy disait:"Ironiquement, on obtient plus d'aide du gouvernement norvégien que du gouvernement des Etats Unis."
Ce n'est pas que Washington tourne complètement le dos au Vietnam. Les relations se sont réchauffées lentement d'année en année, alimentées par l'intérêt commun de contrer l'hégémonie chinoise dans la région. En 2013, l'aide gouvernementale US, "surtout l'assistance dans le domaine de la santé", atteint 100 millions de dollars, d'après le Service de recherche du congrès. Le Département de la défence, satisfait de l'aide constante de son ancien ennemi pour la recherches des dépouilles d' anciens soldats US, favorise une coopération millitaire avec le Vietnam, construit des cliniques et répartit des équipes d'instructeurs médicaux dans le pays.
En 2012, les Etats Unis démarrent un programme de 43 millions de dollars sur 4 ans pour nettoyer le site de Da Nang qui est particulièrement intoxiqué par l'Agent Orange - programme dont le budget atteint rapidement le double, la grande partie accaparée par les entrepreneurs américains.
Mais loin de Da Nang, sur les chemins de villages qui bordent les rizières pleines de cratères de bombes, de vieilles personnes et des enfants handicapés, se déplacent comme ils peuvent sans prothèses, ici les besoins deviennent pressantes. Certains vétérans ne peuvent retenir leur dégoût.
"L'Agent Orange est en train de tuer petit à petit les vietnamiens et il tue les générations futures," accuse Chuck Palazzo un natif de Bronx au franc-parler, au cours d'un interview sur le site "TalkVietnam" il y a deux ans. En 2007, l'ancien Marine emmenait sa boîte de technologie internet au Vietnam pour être près des projets travaillant sur le sujet. "Je me concentre sur les résidus laissés par la guerre" dit il à Newsweek,"mais surtout sur ceux de l'Agent Orange".
Dans un échange de mails cette semaine, Palazzo décline de parler plus sur sa vie au Vietnam car il est alité pour une fièvre causée par la dengue. une maladie fréquente mais sans gravité transmise par les moustiques.
Mais à l'occasion d'une levée de fond sur un site internet set été, Palazzo est en colère : "Les victimes de l'Agent Orange à travers le Vietnam ne recevait rien des fabriquants de cette poison, et le gouvernement US n'a donné grande chose au Vietnam. " L'évennement hébergé par le "Crazy Coffee Bar" de Da Nang a récolté 1.412$ en monaie locale - une misère dans un pays où, d'après la Croix Rouge, 3 millions de personnes sont affectées d'une façon ou d'une autre par l'Agent Orange, avec au moins 150.000 enfants nés avec une malformation congénitale.

En 2011, le très élitiste Institut Aspen basé à New York, un groupe de réflexion (think tank) qui encourage les "idées pour promouvoir une société basée sur les valeurs", lance une campagne de réparation des dégats causés par l'Agent Orange appelée "Hope System of Care" ( Système de soin d'espoir), dans le district de Câm Lê à Da Nang.
Dans le rapport d'octobre, " tous les 165 jeunes (normaux) et 27 des 124 jeunes handicapés de Câm Lê sont dans ce système de soin. Nous attendons des fonds supplémentaires pour pouvoir intégrer les 97 jeunes handicapés qui restent."
L'Agence US pour le Développement International n'est pas impliquée là dans. Quelques 9 millions de dollars affectés par le Congrès pour de tels projets sont en attente, parceque les contractuels privés de USAID sortent étude après étude, études qui coûtent déjà de centaines de milliers de dollars.
"Il y une fossée énorme entre l'USAID, qui a de l'argent, et les gens sur le terrain qui peuvent l'utiliser," dit Richard Hughes, dont l'engagement humanitaire au Vietnam remonte aux années de la guerre, quand ce jeune aspirant acteur mettait sa carrière en veille, pour venir à Saigon et créer la "Shoeshine Boys Foundation" (Fondation des Jeunes cireurs de chaussure) pour aider les orphelins de guerre sans domicile. Avec ses dizaines d'années d'expérience, il dit que pour réussir, il faut laisser tomber les consultants et les contractuels que l'USAID a l'habitude d'embaucher et de mettre l'argent directement dans les mains d'un petit nombre de groupes non gouvernementaux au Vietnam qui ont montré comment ils travaillent.
Les derniers mois, il a fait du lobbying à Washington pour l'aide humanitaire directe aux groupes non gouvernementaux au Vietnam, mais il est rentre frustré. "Les victimes de l'Agent Orange sont maintenant abandonnées à elles même," dit Hughes, qui a travaillé intensivement dans les films et la télévision, notamment dans "The Departed,Law & Order" et "Hostages".
"USAID aurait pu aussi bien rester chez lui, à Washington, vu les résultats qu'ils ont eu," dit il.
Certains experts disent que Washington a raison d'être prudent, étant donné que le Vietnam est connu pour sa corruption et sa méfiance des étrangers, mais ces vétérans disent que de telles peurs sont exagérées. Les vietnamiens avec lesquels ils travaillent, veulent juste faire du bon travail - et ils le peuvent, efficacement et honnêtement.
"La police vous surveille à votre arrivée," dit Campbell, et pose des question aux groupes locaux "sur ce que vous faites." Mais "je n'ai jamais eu de problème en faisant mon travail ici."
Searcy, qui à un moment a lancé un journal à Athens, Ga., pense qu'un jour il doit retourner aux Etats Unis, mais pas pour l'instant. "Je suis sûr que je rentrerai, mais je n'ai pas envie d'avoir un calendrier," dit il dans un interview l'année passée. "Cependant je n'aurais peut être pas le choix. Je n'ai pas cotisé de retraite, aussi Vietnam serait peut être le seul endroit où je peux survivre comme ancien combattant sans ressource."
Myra Macpherson, un ancien reporter de Washington Post et auteure du livre "Long Time Passing: Vietnam and the Haunted Generation" (Long temps après: Vietnam et la génération hantée) publié en 1984, organise en Septembre, une fête dans son appartement de Washington pour Searcy, Campbell et quelques uns de leur collègues vietnamiens, qu'elle a rencontrés lors d'un voyage à Hanoi en avril dernier.
Elle appelle ces vétérans des héros méconnus d'une guerre oubliée. "Ils sont venus jeunes soldats innocents, et repartent brisés. Leur retour, des années après, est, pour une part, d'expier pour ce que leur pays a fait, et d'autre part, d' exprimer leur regret, du fond de leur cœur, par des actions humanitaires.
"Ils sont une bande de copains fraternels et courageux".

Jeff Stein, a Newsweek contributing editor in Washington, D.C., is in recovery from cancer contracted from Agent Orange exposure in Vietnam during 1968-1969.

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